Ohé mag à l’opéra

Opéra, iras-tu, n'iras-tu pas ?

L’Opéra National de Paris fait aussi sa rentrée en ce début de mois de septembre. Les deux salles de Bastille et Garnier se partagent, comme chaque année, un panel riche d’opéras, ballets et pièces modernes et contemporaines en tout genre(s).

Avec les années (j’en suis à mon troisième abonnement annuel, qui me coûte – tu t’en douteras – un bras et demi), je me demande si ça vaut encore bien le coup d’aller à l’Opéra ! C’est quand je suis allée au Metropolitan Opéra à New York que la question s’est posée : là bas, aller à l’Opéra reste une expérience à part. C’est s’habiller pour l’occasion et les gens sont très respectueux vis à vis des autres, des règles et des artistes. À Paris, je n’ai plus cette sensation de me couper de mon quotidien. Quand, à New York, j’en prenais plein les mirettes, ici je grince des dents pour ce que ça me coûte et ce que j’en ressors.

Pourquoi ? Parce que tout d’abord, à l’Opéra de Paris, trop de places ne t’offrent qu’une vue partielle de la scène. Scandaleux non ? A Bastille, ce sont les places les moins chères (dans les galeries) qui t’obligent à te pencher (et à ton voisin de faire de même parce qu’il ne voit plus rien et ainsi de suite sur toute la rangée). A Garnier, si tu n’es pas dans le parterre (et riche comme Crésus ou au moins son cousin germain) ou dans l’amphithéâtre (où tu te tapes la chaleur humaine, c’est convivial(e) l’Opéra, on partage tout), tu risques aussi de ne pas voir grand chose. Dommage, parce que les loges sont toutes mignonnes et confortables… Mais dans ces loges, tu as de grandes chances pour tomber sur les cinq sièges sur neuf où tu ne verras rien ou presque (et si tes voisins se lèvent ou se décalent, adieu le joli spectacle). Et je ne te parle même pas des baignoires (oui, tu as bien lu). Si tu t’y retrouves, c’est le drame, j’espère que tu as de bonnes oreilles et une excellente imagination !

Les temps semblent avoir changé. Fini l’époque où l’on s’habillait bien (des fois même trop) pour aller à l’Opéra, ce n’est plus un évènement à part, on y va comme on irait au cinéma : jean et baskets. Ce n’est pas l’évolution de la tenue qui nous chagrine (même si elle participait un peu à la magie) mais bien celle des moeurs : bien sûr on met les pieds sur les sièges ou les rambardes, on prend des photos (avec une tablette parce que l’image est plus grosse, c’est bien plus drôle pour les voisins), on mange des chips (oui, oui), on se lève, on gigote, on discute et on déplace les sièges dans les loges pour y voir mieux (dommage, toi tu n’y verras plus rien).

Si tu es comme moi et que ce genre de choses (à) a tendance à très vite te courir sur le haricot, ton expérience ne sera peut être pas si extraordinaire que ça. Si tu n’as pas de chance, (attention, ce n’est pas toujours comme je l’énonce ci-dessus, ça l’est trop souvent mais pas toujours), tu payeras pour ne voir que la moitié de la scène ou pour t’énerver parce que les gens sont égocentriques et incivilisés et tu ne profiteras pas du tout du moment. Alors iras-tu à l’Opéra ou n’iras-tu pas ?

Bref, si tu aimes de temps à autre aller voir un opéra ou un ballet, je te conseille alors d’aller au cinéma : (en effet) certaines salles Gaumont/Pathé (en direct du Metropolitan Opéra) et UGC (programmation de l’Opéra National de Paris justement) proposent désormais une saison Opéra/ Ballet avec billets à l’unité ou en abonnement. Tu payes plus cher qu’une place de cinéma classique mais tu as ta tranquillité : en effet le public est réduit (à croire que de moins en moins de gens s’intéressent à cette partie de notre culture) et beaucoup plus respectueux. Seul bémol, tu n’as pas la scène dans son ensemble et tu n’es pas à l’Opéra. A toi de voir donc :-).

Céci

Céci

« Collectionneuse de diplômes en tout genre et licorne loveuse »

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