Billy Elliot

You won’t fool the children of the Revolution *

Brexit oblige, On Hésite Encore se fait une mini rétrospective de films britanniques. En ce qui concerne le cinéma, on est bien loin de leur cuisine ! Même si Godard a déclaré dans ses Histoire(s) du Cinéma que « les anglais ont fait ce qu’ils font toujours dans le cinéma : rien », de nombreux réalisateurs ont su s’imposer sur la scène internationale. Du grand classique au gros budget, Lawrence d’Arabie, au petit film qui marque une génération, Trainspotting, ils sont chaque année présents dans de grands festivals.

Les thrillers politiques sont depuis longtemps au cœur du cinéma britannique, pas étonnant quand on connaît le pays. En bonne monarchie son histoire est semée d’intrigues, où la soif de pouvoir mène jusqu’au meurtre voire l’infanticide… Mouvements politiques, grèves populaires et terrorisme y ont marqué le 20e siècle et le 7ème art. La figure majeure de ce cinéma se nomme Ken Loach. Revoyant ses films, j’hésite entre des œuvres relatant les événements des années 70/80 comme Hidden Agenda (1990) ou bien des films plus intimistes comme Kes (1969) qui influença Billy Elliot (2000) de Stephen Daldry. Voilà, que mon choix est fait, je parlerai de Billy Elliot.
Billy Elliot se présente sous la forme d’une fable qui raconte la métamorphose de Billy pour aborder finalement la Grève des Mineurs de 1984, la plus importante du Royaume à ce jour, qui divisa le peuple britannique. Symbolisé ici par la famille Elliot, cette fracture sociale est le véritable sujet du film. Stephen Daldry oppose deux mondes dans ce film où Billy Elliot sera tiraillé entre la boxe, sport ouvrier, et son attirance désir pour la danse, activité de l’élite. Le choc pour sa famille, bien plus que le fameux « c’est un sport de gonzesse », c’est sa trahison envers sa classe populaire. Le film oscille parfaitement entre les efforts du jeune garçon dans le ballet et les images violentes de la répression policière contre les mineurs. Le Lac des cygnes, évoqué plusieurs fois dans le film, est une double référence : d’une part à la métamorphose (la malédiction d’Odette transformé en cygne qui se révèle femme seulement la nuit) mais aussi à la citation du journaliste britannique, Owen Jones, nommant ces grèves « le chant du cygne du mouvement ouvrier britannique ». Le chant du cygne étant la plus belle chose réalisée avant de mourir. Les grévistes, on le sait, reprendront d’ailleurs le travail sans rien avoir obtenu, ce sera le plus grand succès de Margaret Thatcher (Première ministre 1979-1990) qui affaiblira le pouvoir des syndicats. Le film est également relevé par une musique anglaise choisie minutieusement et dont les paroles seront sous-titrées (chez les non-anglophones) pour en saisir le sens, ces groupes étant eux aussi des contestataires politiques. Les punks de The Clash et leur titre London Calling illustrent la confrontation entre ouvriers et policiers, et les nombreux titres de T-Rex, représentant du glam rock, mettent en avant le travestissement, un autre aspect traité par le film à travers le petit voisin travesti de Billy. Le fameux Children of The Revolution sonne ici comme un hymne.

The Clash, London Calling

T-Rex, Children of the révolution

Ce qu’on retiendra, c’est Billy, accepté à l’école malgré son accent cokney et surtout soutenu par sa famille qui accepte finalement ses choix et place en lui tous ses espoirs. Stephen Deldry se veut optimiste, il fera de Billy un espoir, un pont entre la classe populaire et la classe bourgeoise : car au cinéma, les contes de fées existent.

Après avoir vu (ou revu) Billy Elliot, laisse-toi tenter par….

Laurence D’Arabie (1962)

Trainspotting (1996)

Hidden Agenda (1990)

Kes (1969)

​* On ne leurre pas les enfants de la révolution

Johanna

Johanna

« Un bon film et du Pop Corn »

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