Maureen Wingrove alias Diglee

Focus sur Maureen Wingrove alias Diglee

Maureen Wingrove alia Diglee a débuté sa carrière artistique par un blog BD. Son créneau : de l’humour léger et un (bon) soupçon d’autodérision au travers d’anecdotes de sa vie quotidienne. Elle est alors une jeune fille âgée d’une vingtaine d’années qui étudie l’école Emile Cohl* à Lyon. Elle publie ses premières BD, d’abord issues de son blog puis des histoires originales et travaille pour la presse et l’édition jeunesse en illustrant couvertures et articles. Aujourd’hui Diglee, c’est aussi un compte Instagram « diglee_glittering_bitch » suivit par 55K d’abonnés. Elle y partage ses boulots, ses inspirations, son intérieur et sa vie avec une douceur et une bienveillance folle. Diglee voudras-tu bien devenir notre copine ?

Diglee/Maureen : une évolution (et non une rupture)


Au fil des années le style de Diglee évolue en même temps que la personnalité de Maureen s’affirme. 
Elle s’éloigne quelque peu du personnage de ses débuts, sans pour autant le répudier (au contraire), pour devenir celle que l’on connait aujourd’hui : une femme plus mature (forcément, c’est l’effet de la trentaine, héhé) et engagée pour ses paires ! Les paillettes n’ont pas disparu loin de là mais la jeune fille a grandi pour devenir une femme (j’assume le cliché) et pose un regard nouveau sur le monde, franc et franchement on aime ! Rangée à tort dans le « Girly » (terme qui admettons-le n’est pas très flatteur voir comme le dit l’autrice elle-même franchement sexiste) Diglee continue simplement son chemin en évoluant tant graphiquement que dans le choix de certains de ses sujets. 

Un Engagement pour les Femmes

J’ai parlé d’engagement. Maureen partage avec sa communauté ses sélections littéraires féminines souvent trop délaissées au profit de leurs homonymes masculins. Te rappelles-tu avoir étudié une autrice** pour ton bac ? Non ? Eh bien moi non plus ! Maureen se bat également pour les droits de la femme, celui de ne pas s’épiler (sans la réaction de « ha beurk »), celui de décider pour son propre corps (sur les questions de l’avortement, de la contraception, etc.), bref d’être une femme libre, libre de ne pas faire ce qu’on lui dicte pour aller dans le sens des préceptes de notre si belle société.

Salut Maureen, alors ça va ?

Septembre est là (ce qui veut dire Octobre BIENTÔT, donc HALLOWEEN), alors ça va à merveille. Je suis une accro de la rentrée depuis l’époque des listes de fournitures scolaires…

D’où te vient cet intérêt pour ce qui a trait à la sorcellerie et au mystique ?

J’ai toujours été attirée par les histoires de fantômes. J’ai été littéralement biberonnée à Casper, Beatlejuice, les contes de Crypt shop, chair de poule, fais-moi peur, et plus tard X-files, Charmed, Buffy, Scream, 6e sens… Je pourrais continuer longtemps, je suis vraiment une adepte des univers horrifiques. En plus je vis à Lyon, capitale de l’ésotérisme, ville qui recèle de mystères et de légendes savoureuses. Et dans ma famille, on m’a raconté souvent des histoires de tables tournantes et de spiritisme… les bases étaient posées. Mais je « travaille » plus sérieusement sur les sujets de l’ésotérisme depuis 2015 environ. C’est venu d’abord de mon intérêt pour la litho thérapie, et ensuite, pour le Tarot : j’ai choisi le Tarot un peu au hasard, honnêtement je voulais juste apprendre quelque chose, travailler et être occupée longtemps (bingo, j’y suis encore). 
J’ai voulu comprendre ce qu’était ce jeu, son histoire, ses symboles, etc. J’ai fait une formation au Tarot de Marseille sur paris, avec une femme ancienne disciple de Jodorowsky (mais version sorcière badass kabyle). Je me considère encore en phase d’observation, d’expérience, et c’est ce que je préfère: tisser des liens, chercher, explorer, questionner. Je n’ai pas de théorie figée, pas de certitudes. Et je crois que le doute est sain, pour ne pas dire nécessaire dans le milieu.

Concrètement, que trouve-t-on dans un grimoire de sorcellerie ?

Je ne peux pas parler du « grimoire » universel en tant que tel, qui, je crois, est un terme hérité de la Wicca : mais par extension aujourd'hui, un grimoire est un livre dans lequel une personne pratiquant ou étudiant la magie écrit, et concentre son savoir. C’est une sorte de journal intime de nos connaissances magiques… On peut y noter plein de choses! Les correspondances entre les plantes/matières/couleurs/minéraux/planètes/métal, etc. dans la lignée du célèbre tableau des correspondances de Paracelse - un médecin philosophe alchimiste du 15e siècle qui a rédigé la “théorie des signatures”, idée selon laquelle les choses de notre monde expriment par leur forme, leur réalité interne - mais il peut aussi contenir des sortilèges que l’on a testés et approuvés, des ressentis, des expériences, nos tirages de Tarot… C’est un lieu très libre et intime de pratique de sa magie. Et comme avec le bullet journal, beaucoup essaie d’en faire avant tout un joli objet: donc on se retrouve avec pléthore de vidéos YouTube de sorcières qui partagent leur “book of shadows” en ligne... C’est ...fascinant!

Le tarot, les cristaux, les grimoires, sont-ils tous à ranger dans la sorcellerie ? Quel pouvoir et quelle importance ont pour toi ces éléments (pratique sérieuse, collections & curiosités) ?

C’est une bonne question!
Je ne les associerais pas forcément à la sorcellerie. On peut utiliser des pierres sans avoir par ailleurs aucune pratique. J’en offre rrégulièrement à des amis qui n’ont ni pratique ni croyance. De la même manière, le Tarot peut être utilisé en thérapie, par exemple, c’est un bon outil de connaissance de soi. Pour moi, voilà, ce sont avant tout des outils, que l’on peut utiliser de diverses manières, pas forcément ésotérique. Une de mes amies proches est une médecin ultra ancrée dans le réel. Pourtant, elle aime que je lui tire les cartes, comme ça, pour voir, parce que pourquoi pas, et elle adore porter des pierres, sentir leur énergie. Tout est possible!
Pour moi en tout cas, les pierres m’apaisent aussi juste visuellement, j’aime collectionner des pièces rares ou accumuler les améthystes uniquement parce que ce sont des petits trésors de la nature. Je n’ai pas forcément toujours d’usage pratique de ces objets. Ils constituent aussi le décor dans lequel je vis et créer. Ils m’inspirent! Et vice versa, on peut pratiquer la sorcellerie sans aucun outil autre que soi.

Pour toi c’est quoi la sorcière moderne ? Te considères-tu toi-même sorcière et dans quelle mesure ?

En fait j’ai un peu de mal avec le terme de sorcellerie. Je suis ambivalente; il m’attire et me repousse. Le rejet des femmes dans le milieu ésotérique est encore très présent aujourd’hui. Elles sont exclues de la plupart des sociétés ésotériques “de la haute” (rappelons qu’en 2015, 95% de la population Franc-Maçonnique mondiale est masculine: et ça n’évolue pas vite du tout…), on fait encore la distinction, dans le milieu, entre basse et haute magie, la “basse magie” désignant la sorcellerie, donc par extension, l'héritage des pratiques païennes des femmes, en opposition à celle, érudite, lettrée, héritée de la religion (donc des hommes), de la “haute magie”. Le problème dans l’ésotérisme, c’est qu’on travaille avec des symboles. Et dans ces symboles, le féminin est en effet associé à la lune, au fait de recevoir puis refléter, mais jamais émettre. Le piège est donc IMMENSE de tomber dans des représentations essentialistes dévalorisantes pour les femmes. Et après cinq ans à baigner dans ce milieu, je peux dire que rares sont les femmes louées, et rares sont les hommes qui ne sont pas en position de toute puissance. Ma nouvelle lubie c’est donc d’enquêter sur les femmes des milieux esotériques: les femmes dans les sociétés secrètes magiques, les sorcières, les guérisseuses, les voyantes, etc. Mais je constate avec tristesse que peu d’entre elles ont pu théoriser leur pensée, laisser des textes, et quand elles le font, elles sont moquées et décrédibilisées par le milieu, comme Helena Blavatsky. Tout ça pour dire que je ne sais pas si je me considère sorcière: je n’ai presque pas de pratique. Je suis les cycles de la lune d’un coin de l’œil, il m’arrive de faire un rituel ou deux, presque plus comme acte symbolique que comme réelle approche magique, je tire le Tarot, je connais les cristaux, un peu l’astrologie, les plantes… Mais je n’ai pas de croyance fondée et arrêtée sur la magie. J’explore, je me questionne.
Plus que sorcière, je me décris plus comme quelqu’un qui étudie la magie. Parce que justement, je ne veux pas ressentir cette distinction entre basse et haute magie: je veux prendre aux deux, circuler entre les deux, interroger les deux. Je ne sFuis pas quelqu’un qui pratique à l’instinct, j’aime étudier, comparer, chercher, étudier, Fet en tant que femme cette attitude dérange. On s’attend à ce que je sois dans le corps, l’instinct, l’intuition, le “féminin sacré” (terme que je déteste)... On essaie sans cesse de me ramener à mon genre, alors que je veux, moi aussi, avoir accès au savoir, au-delà de mes intuitions. En revanche, j’adore l’idée archétypale de la sorcière, que je trouve empouvoirante: j’aime mes groupes féminins de pratique ou de discussions, j’aime la sonorité qui se dégage de ce terme.

Es-tu plutôt Sacrées Sorcières ou Harry Potter ?

Définitivement Sacrées Sorcières, l’un de mes livres préférés! Roald Dahl a considérablement marqué mon enfance. J’ai hâte de voir ce que ma collègue autrice de BD Pénélope Bagieu va en faire dans son adaptation…

Un film de sorcières préféré ?

Plein!!
The Witch, sans conteste : un de mes films préférés tous genres confondus.
Sinon j’ai une passion pour les Sorcières d’Eastwick, découvert il y a 3 ans et que J’ADORE à mourir (ne serait-ce que pour le casting). J’ai évidemment un faible coupable pour les ensorceleuses qui pue la fin des années 90, et The Craft, que j’ai découvert sur le tard aussi.
Et comment ne pas citer Hocus Pocus? On l’avait regardé en primaire dans le grenier de l’école quand j’avais 9 ans… Je m’en souviens encore! Oh et j’ai oublié : Suspiria de Dario Argento !

Tu as participé à l’écriture d’un grimoire qui sortira le 23 octobre. Peux-tu nous en dire un peu plus ?

En effet! Witch Please est un grimoire moderne illustré qui sortira le 23 octobre 2019 chez Flammarion. Ce livre, c’est le projet de Taous Merakchi, connue sous le pseudo de Jack Parker, autrice féministe qui a aussi été à l'origine du podcast “Mortel”. C’est une copine, et nous partageons le même attrait pour les choses occultes. Elle avait lancé en 2017 sa newsletter du même nom, Witch Please, pour parler de sa pratique et commencer à discuter des sujets de la sorcellerie actuelle. L'accueil a été triomphant, et de là lui est venue l’idée d’en faire un livre papier. Et elle a pensé à moi pour l’illustrer! Je suis donc uniquement illustratrice sur ce projet, c’est bien un livre rédigé par Taous: elle parle justement de sa vision de la sorcière, ce que c’est que d’être sorcière aujourd'hui, en 2019, comment elle le vit, ce qu’elle en fait. Elle dresse des tableaux de correspondances, propose des rituels ou explique comment rédiger son propre grimoire. C’est vraiment un livre pour entrer dans l'univers de la sorcellerie, un livre qui récapitule un peu toutes les bases nécessaires pour aborder la magie. Livre qui n’existe pas vraiment en France! C’est aussi venu de ce constat navrant, celui d’un vide littéraire dans ce domaine. Peu de livres en Français existent sur ce sujet, (ce sont vite des livres de Wicca, qui est une religion que nous ne pratiquons pas), et osons le dire, ce sont rarement de “jolis” livres. L’emballage ne fait pas tout, mais quand même, en ésotérisme, on peut regretter l’immense majorité de couvertures affreusement kitsch et repoussoirs. On voulait donc faire un objet moderne dans sa forme, comme le font très bien les anglo-saxons, et complet sur le fond, pour répondre aux milliers de personnes qui nous ont demandé à elle comme à moi: “aurais-tu un livre à conseiller pour celles et ceux qui voudraient s’initier à la sorcellerie?”

Tu es devenue une influenceuse en terme de littérature ! Quel effet ça te fait quand tes followers Instagram dévalisent les librairies sur ton conseil ?

C’est arrivé une seule fois, quand j’ai parlé du livre “le mur invisible “ de Marlen Haushofer: le livre est tombé en rupture de stock et a été réimprimé (pour mon anniversaire, si ce n’est pas fabuleux!) en février 2019. Depuis, les libraires m’envoient régulièrement les chiffres des ventes, ce qui me bouleverse. Le livre a aussi été enregistré en livre audio depuis, et un autre texte de son autrice a été re-publié par Actes Sud cet été. Aventure complètement surréaliste et folle. Ça me fait mal au ventre de joie, pour mille raisons… mais avant tout parce que j’ai eu la preuve que les gens lisent. Ensuite parce que c’est un livre sur le silence, la solitude et la nature: tout l’inverse des torrents d’action et de suspense que nous vendent les divertissements en ce moment (on avale une série Netflix en un week end, il y a douze films de super héros par an…) Que CE texte là en particulier ait été lu et aimé, c’est ça je crois, qui m’a émue. Plus que la performance en elle-même d’être à l'origine d’un acte d’achat généralisé. Ça m’a rassurée (attention, phrase de Verseau…) sur...sur l’humanité des gens. Les gens ont la place en eux pour du repli, du silence, de la compassion. Ça m’a bouleversée. J’ai foi en la littérature, et cette aventure m’a donné raison.

Et j’étais évidemment RAVIE parce que c’est le texte d’une femme, et que cette femme, si elle a eu du succès en son temps, avait disparu de notre vocabulaire littéraire. Marlen Haushofer. Maintenant, les gens savent qui elle est, l’ont lue. Dans mon militantisme féministe, c’était une action importante.

On a tendance à dire de certaines féministes, ou des femmes qui prônent/valorisent des artistes féminines (ou tout simplement d’autres femmes) qu’elles n’aiment pas les hommes… Qu’en penses-tu ?

C’est évidemment le raccourci le plus désespérant au monde, quand on sait que c’est plutôt le système qui n’aime pas les femmes. Je lis essentiellement des femmes pour la simple et bonne raison que pendant les 25 premières années de ma vie, je n’en ai lu presqu’aucune. ON ne m’a fait lire que des hommes. J’ai fait des études littéraires, et alors qu’on me rabâchait sans cesse que la littérature était un truc de fille, alors que ma classe de L était à 98% féminine… eh bien je n’ai lu que 3 femmes dans TOUTE ma scolarité, primaire, collège et lycée confondus. 
Et aucune femme n’était jamais tombée aux épreuves du bac de Littérature de Terminale L. La première, Mme de Lafayette est tombée en 2018, suite à nos pétitions féministes sur le sujet. Et voyez le baroufle que ça a fait, quand les étudiant.e.s de cette année, ont appris qu’Andrée Chedid, qu’ils ont eu au bac de français de 1ere, était une femme. Ça ne leur était même pas venu à l’idée! C’est grave. Mon action de faire découvrir ces femmes, et de les lire moi-même, vise à rétablir un peu l’équilibre des références littéraires. Quand on grandit avec des exemples culturels uniquement masculins, non seulement on est dans une représentation unilatérale du monde, mais en tant que jeune fille, c’est destructeur. Si aucune femme n’est jamais étudiée à l’école, ce qu’on me dit en filigrane, c’est que moi, fille, je ne pourrai jamais écrire un chef d’Œuvre. Pour moi, il est urgent de stopper cette masculinisation du savoir, et de faire connaître ces noms d’autrices, leurs textes, pour qu’à terme, notre spectre littéraire soit plus “juste”, plus réaliste (et vu le NOMBRE d’hommes que j’ai lu dans ma vie, je peux vous dire que j’en ai encore pour un moment avant de rétablir l’équilibre).

Tes poètes préférés ?

Mes poètes préférés sont Paul Éluard (comme quoi, des hommes résistent à ma misandrie), Anna Akhmatova, Joyce Mansour, Ingeborg Bachmann, Rimbaud et Gisèle Prassinos. Mais c’est un calvaire de choisir, car depuis que j'illustre des vers de femmes chaque année, j’en découvre des dizaines, et le tableau ne fait que s’agrandir. Depuis 2017 pour le défi Inktober, j’ai illustré plusieurs fois pendant un mois complet, chaque jour, un poème écrit par une femme. Pour faire connaître leur plume, et pour tordre le cou à 3 idées: que la poésie est inaccessible que les femmes en écrivent peu ou qu’elles en écrivent de la mauvaise J’aime la poésie parce que c’est incantatoire, ça fait frémir l’inconscient, et c’est la dernière forme littéraire qui joue avec la sonorité des mots, avec leur magie vibratoire. Lire un poème à voix haute, c’est jouissif!
La poésie d’aujourd’hui, pour moi, se trouve dans la chanson. Un texte de chanson n’est ni plus ni moins qu’un poème!

Si tu devais te définir en 5 mots clés ?

Idéaliste 
Féministe 
Littéraire 
Weirdo 
Indépendante

(Un truc très Verseau, donc.) (Ah, tu peux rajouter Mère à chats.)

Qu’est-ce que ça te fait quand on essaie de te ranger dans une case (illustratrice, autrice, etc.) ? Est-ce qu’on peut vraiment, d’ailleurs, au regard de tout ce que tu fais, te ranger dans une case ou te mettre une étiquette ?

Aujourd’hui, je dis merde au syndrome de l’imposteur (ici, de l’impostrice) et j’aime me dire que je suis juste… artiste.
Parce que ce que je fais, finalement, c’est réfléchir au monde dans lequel j’évolue, m’en imprégner, et le retranscrire en images ou en mots. Mon vecteur d’action se trouve dans l’art, et qu’il soit considéré comme majeur ou mineur, ça m’est égal.

As-tu besoin de te garder un jardin secret ou partages-tu tout (dans l’amour et la joie) avec tes abonné(e)s ?

J’ai évidemment un immeeeense jardin secret. J’aime d’amour ma communauté, et je suis assez libre dans le lien que j’ai à l’intime, je partage beaucoup de moi, mais je contrôle énormément ce que je livre. Je donne accès à des parts de moi, mais l’ensemble m’appartient.

On voit ta signature Diglee sur tes dessins mais aussi parfois celle « MW », tes initiales, dans un petit cartel à la Hokusaï. Est-il parfois nécessaire de séparer Diglee de Maureen ? Est-il difficile de gérer les deux, de définir qui est qui ?

Merci pour la référence à Hokusaï! En le faisant, moi, je pense à Egon Schiele, et à toute la Sécession Viennoise qui adorait signer de sceaux. C’est l’éternelle dualité entre mon personnage, Diglee, et Maureen Wingrove, le “vrai” moi. Aujourd’hui je perçois de moins en moins cette dualité, je me sens autant Diglee que Maureen… Mais j’ai du mal à signer mes dessins érotiques ou poétiques Diglee. Pour moi, Diglee c’est la part rigolote, humoristique, la part BD de ma personnalité. Maureen Wingrove, ça serait lié aux aspects plus “sérieux” ou littéraires de mon travail. Sauf qu’en réalité, la frontière est mince, et ça a d’ailleurs été un calvaire de savoir sous quel nom signer mes romans chez Michel Lafon. On se retrouve avec des stickers moches ou des “Maureen Wingrove alias Diglee” interminables sur la couverture… Aujourd’hui je me dis que j’aurais dû signer Diglee ce roman, qui reste dans l’univers frais et pétillant de mes anciennes BD. Cas de schizophrénie non résolu, donc! ^^

Y a-t-il quelque chose que tu souhaiterais ajouter ? Au nom de l’équipe d’On Hésite Encore (et de notre mascotte Chosou de la croquette, grande fan de Paillette & Basou dont elle suit toutes les aventures), je te remercie d’avoir répondu à cette interview et te souhaite une très belle carrière de femme artiste !

Je n’ai rien à ajouter si ce n’est un grand merci à toi, à l’équipe, et mille baisers à tou.te.s les lecteurices qui liront ces lignes. Amour, magie et paillettes sur vous! Maureen/ Diglee

* École d’art à Lyon qui forme au dessin animé, la bande dessinée, l’illustration
le jeu vidéo, et l’infographie 2D / 3D.


** Mot que mon correcteur orthographique me remplace gentiment par « actrice » alors que pour reprendre maureen, « facteur/factrice donc auteur/autrice » logique non ?

Crédits images : ©Maureen Wingrove tous droits réservés.

Retrouvez Diglee sur son blog et sur Instagram

Céci

Céci

« Collectionneuse de diplômes en tout genre et licorne loveuse »

avatar
plus récents plus anciens plus de votes
Bahia2304
Invité
Bahia2304

Super intéressant!! Superbe artiste!!

Liseusedebonneaventure
Invité
Liseusedebonneaventure

Merci pour ce super article ! Belle découverte !!! Interview 👌🏼👌🏼👌🏼

Lana
Invité
Lana

J’adore Diglee ! Cette interview permet d’en savoir plus sur sa façon de penser merciiiii !!!