Musso, qu’est-ce que ça vaut ?

Musso, qu'est-ce que ça vaut ?

Je rêvais de pouvoir intituler cet article « J’ai lu du Guillaume Musso… et j’ai aimé ». Alors, est-ce le cas ? La réponse dans la suite de l’article.

D’abord, comment choisir un livre qu’on n’a pas envie de lire ?

Mon challenge était de lire un livre d’un auteur de romans à l’eau de rose, catégorie que je n’apprécie pas du tout. J’ai choisi Musso, plus ou moins au hasard et ai tenté de trouver un roman « typique » de la vision que j’avais de cet auteur. Un roman à l’eau de rose donc, une histoire d’amour un peu niaise. Ça tombe bien, hormis quelques livres décris comme des thrillers sur la quatrième de couverture, il n’y avait que ça. Le thème « un homme et une femme se rencontrent dans des circonstances inattendues » à toutes les sauces. Afin de ne pas m’affliger encore plus, j’ai essayé de trouver un roman dont le thème m’inspirait au moins un peu. Et c’est ainsi que je suis repartie avec le livre dont je vais te parler aujourd’hui : La fille de papier. Un écrivain qui rencontre un personnage tout droit sorti de son roman : le thème du rapport de l’auteur à sa création m’a semblé intéressant, même si l’histoire semble à la fois niaise (jeu de séduction entre un auteur et son personnage) et improbable.

Alors, qu’est-ce que ça vaut ?

L’avantage de ce genre de livre c’est que c’est facile à lire : au moins mon épreuve aura-t-elle été de courte durée. Le style, s’il est simple, correspond malheureusement à ce à quoi je m’attendais ; voici quelques extraits choisis : « son regard myosotis passé » (elle a donc les yeux bleus), « elle délia son physique longiligne », ou encore : « je l’ai aimée dès la première minute, pour un tout, pour un rien ». 20 pages suffisent à se croire dans la transcription d’un film Bollywood.

Comme dans un film d’amour pour adolescentes, le scénario est également classique et attendu.
Tom, auteur sorti des quartiers pauvres et bombardé phénomène littéraire du jour au lendemain, vit un revers de fortune. En plein rupture amoureuse, il sombre dans l’alcool, la drogue, et peine à sortir son troisième livre, attendu avec impatience sur toute la planète. Pour ne rien arranger, son agent-meilleur ami vient de perdre leur argent suite à de mauvais placements financiers. Tom doit donc se reprendre en main et écrire un nouveau roman sous peine de dire adieu à la belle vie. Il rencontre alors Billie, personnage secondaire tombé de son roman (littéralement). Elle promet de l’aider à reconquérir celle qu’il aime, après quoi il se remettra à écrire et elle pourra s’en retourner d’où elle vient. Ils partent donc tous les deux pour un road-trip en voiture volée en direction du Mexique, poursuivis par la police et les amis de Tom. Bien sûr, on s’en doute, Tom et Billie se découvrent et se rapprochent peu à peu et l’amour commence à naitre entre eux…

Je l’avoue, j’ai tout de même été surprise par certains revers de l’histoire. Les retrouvailles avec l’ancienne petite amie de Tom se nouent à la moitié du livre et non lors du dénouement comme je l’attendais. Des perspectives encourageantes pour la suite du récit ? Malheureusement, je me trompais.

Après le road-trip, vient la chasse au trésor à la poursuite du dernier exemplaire livre auquel serait rattachée Billie. Une course qui rend impatient le lecteur tant les complications sont grossières : le livre est trouvé dans une poubelle, vendu sur internet à une étudiante bénévole à l’hôpital, qui le lit à une patiente, qui y écrit son histoire sur les pages vierges et lui rend. Le livre passe ensuite de mains en mains, de Rome aux Etats-Unis, en passant par la Corée, pour terminer à Paris, dans la Seine. Tu crois que le périple s’arrête là ? Mais non ! Une navette fluviale repêche le livre, qui est laissé sur un quai de Seine. Plus tard, évidemment, le meilleur ami de l’auteur tombe sur le livre en question chez un bouquiniste sur les quais… Au total, plus de dix personnes auront eu ce livre entre les mains, et l’histoire n’avance pas.
En parallèle, une course contre la montre est lancée pour sauver Billie, entre l’écriture du roman de Tom, la consultation de divers médecins (alors qu’on sait que pour guérir, elle doit simplement repartir dans le livre qu’il est en train d’écrire), et leur histoire d’amour naissante. De part et d’autre, ces 200 dernières pages tournent en rond et ne mènent nulle part.

Ma conclusion

Tout comme le livre dont il est question dans l’histoire, celui-ci aurait mérité tout au plus de n’être imprimé que jusqu’à la moitié… Hormis les deux derniers chapitres qui apportent une perspective intéressante à toute cette histoire (un « plot-twist » que je ne dévoilerai pas au cas où il te prendrait l’envie de le lire), le tout était donc attendu, sans profondeur et sans intérêt.

Charlotte

Charlotte

« Collectionneuse de mots et d’épices »

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Caroline
Caroline
1 année plus tôt

J’ai bien rigolé ! Tu résumes bien la chose 🙂 mais les histoires à l’eau de rose c’est comme les films du même registre, on se laisse happer pour finalement se dire « non, ça ne valait pas le coup ». Si on a le loisir de pouvoir perdre du temps à regarder un mauvais film pourquoi pas se laisser aller dans un roman à l’eau de rose !? 😉

CM@ohe-mag
CM@ohe-mag
1 année plus tôt
Reply to  Caroline

En effet Caroline ! Peut être devrions-nous avoir en librairie un rayon « lectures de plage » ou quelque chose du genre pour orienter le lecteur ? Bien que je doute que les auteurs le prennent bien… Merci pour ton commentaire très juste, à bientôt sur Ohé-mag !