Ohé film qui fait peur

Dossier spécial « film qui fait peur »

Un Dimanche Soir
Une mini nouvelle – Par Gilles Réjasse

Un dimanche soir. Une invitation à manger chez la tata du coin. Repas convenable, boisson et tout ce qu’il faut, ça papote de tout, de rien. Surtout de rien… Pour le gamin, trois ans à peine, c’est un peu long, la journée fut rude, il est fatigué alors, hop, la solution de facilité, la télé. Les jeux avant 20h, le journal télé, les pubs en enfilade (c’est ce qu’il préfère), le film du dimanche soir… En général, à 20h30 (21h dans les faits), c’est un film tout public, alors on n’y prête guère attention. En l’occurrence, les dents de la mer. Je ne l’ai pas vu, mais ça ne me parait pas approprié ; mais ma voix ne compte pas, c’est rien du tout me dit-on, on ne voit rien, etc.  Alors on continue la soirée, un peu d’alcool, on rigole bien, parfois ça crie dans le poste mais bon, c’est vrai, on ne voit pas grand-chose.
A un moment, le gamin vient nous voir, il s’esclaffe, on met du temps à comprendre ce qu’il essaye de dire : « Il l’a bouffé, il est sorti de l’eau, il l’a bouffé ». Bon, un peu inquiet, je surveille l’écran, et le gamin repart, ressasse sa phrase, tout seul, histoire de dire. Le film finit bientôt sans autres anicroches particulières, hormis pour le requin qui, par un artifice peu évident, finit son existence électrocuté. On prend congé, le gamin continue à répéter inlassablement sa ritournelle.
Dans la voiture (une heure de trajet quand même), il en va de même, de façon de plus en plus saccadée. Cette fois l’angoisse me gagne ; et s’il nous fait un traumatisme ? Arrivé à la maison, les yeux exorbités (après coup, c’est sûrement dû à la fatigue, mais sur l’instant, on pense au pire…), il continue d’asséner cette absolue vérité : « il l’a bouffé, il est sorti de l’eau, il l’a bouffé » sans répondre à nos questions. Cette fois c’est la panique, ça y est, on a tout gagné, notre gamin perd la boule… Il finit par s’endormir, et après une discussion dans le salon, on se dit qu’on va attendre le lendemain.

A peine réveillé, il répète « il l’a bouffé, il est sorti de l’eau, il l’a bouffé » ; diantre, l’affaire est grave. Mais il se prépare normalement pour l’école, alors on fait comme si tout va bien. La peur s’estompera peu à peu, il répètera la phrase quelques fois, durant plusieurs semaines, mais sans ce caractère inquiétant du premier soir. On finira nous-mêmes par le dire, je crois même que je l’ai encore dit pour rire récemment lors d’un repas au restaurant ; on a pouffé…
 
On a tous subi un traumatisme, tout petit, moi sans doute plus que les autres. On évitera toutefois de regarder  Meurtre à la tronçonneuse. J’ai le souvenir de deux frères qui m’ont raconté que suite au visionnage du film, ils avaient plongé sous le lit le lendemain, terrorisés, lorsque leur père avait utilisé le rasoir électrique pour tailler sa barbe du matin…

La sélection qui fait peur de la team Ohé

L’équipe d’Ohé mag s’est posé la question « quel est le film qui m’a fait le plus peur ? ». Il ne s’agit pas forcément d’un film d’horreur, ça peut aussi être un thriller qui nous a vraiment plongé dans une angoisse profonde, un film qu’on a adoré ou au contraire un traumatisme absolu. Bref, voici le témoignage de l’équipe d’On Hésite Encore pour le spécial « Fais-moi peur » du magazine.

ÇA, IL EST REVENU – Tommy Lee Wallace (1990)

« Tu as peur des clowns ? Alors ce film n’est pas pour toi. Je l’ai vu à l’âge de cinq ans (époque où j’avais peur de Babar, ça te laisse te faire une idée) par accident. Depuis j’ai peur des clowns, des ballons, des caniveaux et des lavabos ! Si je croise un clown sur le bord de la route il est probable que je tente de l’écraser… Charmant. »

Cécile

DEADLY FRIEND  – Wes Craven (1986)

« Je devais avoir quatre ans, lorsque le film a été rediffusé à la télévision. Normalement au lit, j’avais décidé de tromper mes parents en le regardant par la porte entrebâillée du salon. J’ai été traumatisée par la scène où une vieille dame se fait exploser la tête par un ballon de basket. Je ne l’ai jamais oubliée (même si maintenant, j’en rigole). »

Vanessa

LE SILENCE DES AGNEAUX – Jonathan Demme (1991)

« Tout le monde connaît Hannibal Lecter, le psychopathe cannibale dans Le Silence des Agneaux, magistralement joué par Anthony Hopkins. Ce film m’a vraiment mise dans un état de stress et d’angoisse intense. Jodie Foster (qui joue le rôle d’un agent du FBI) a avoué avoir évité l’acteur pendant toute la durée du tournage. »

Sylvia

SEVEN – David Fincher (1995)

« J’ai avant tout voulu voir ce film pour le casting. Mais dès la première minute j’ai été happée par l’angoisse. Une boule s’est installée dans mon estomac, et a grandi à fur et à mesure de l’avancée du film. Plus les crimes sont atroces et plus le réalisateur joue sur la suggestion et me laisse dans mon tourment jusqu’à la dernière seconde. »

Cathy

PARANORMAL ACTIVITY – Oren Peli (2009)

« Dans une maison tout à fait normale, habitée par un couple tout aussi banal, tu découvres que quelque chose d’étrange se passe, sans que tu puisses l’expliquer. 
Je t’assure que je n’ai pas pu fermer l’oeil de la nuit après avoir vu ce film. A chaque petit bruit que j’entendais, je m’imaginais le film chez moi… »

Éric

CALLS – Timothée Hochet (2017)

« Mon imagination peut me faire peur bien plus que des images. Et c’est là le pouvoir de la série auditive Calls (Canal +). Dans ces épisodes de dix minutes, on ne voit rien, mais on entend tout : des échanges téléphoniques, des enregistrements sonores… Et surtout l’angoisse dans la voix des acteurs qui se prêtent au jeu… Glaçant.»

Charlotte

Céci

Céci

« Collectionneuse de diplômes en tout genre et licorne loveuse »

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