Vamos a la playa

¡ Vamos a la playa* !

Ce mois-ci, On Hésite Encore te propose une sélection d’œuvres peintes sur le motif marin et amarre son navire sur les plages et ports de France. Vers la fin du XIXe siècle, notamment grâce à l’invention des tubes de peinture, les artistes sortent de l’atelier et vont peindre directement sur le motif, c’est à dire face à leur sujet et en l’occurence ici en plein air. Rupture décisive dans l’art du XIXe siècle, ces études de couleurs et de lumières nous laissent une trace de quelques-uns des plus beaux paysages de France. Ouvre tes mirettes, Cécile t’emmène pour une petite ballade picturale. Escales : Le Havre, Honfleur, Collioure et Pont-Aven, à la rencontre de Monet, Matisse, Derain, Gauguin et bien d’autres.

Impressionnistes & Cie

Nous sommes vers la fin 1860 début 1870, les impressionnistes sont encore très décriés et exposent peu. Dans leurs toiles ils cherchent, par l’utilisation de la couleur, à capter la lumière et les reflets des scènes de vie quotidienne, aux fil des heures et des saisons. Le motif marin constitue l’un de leur terrain de jeu favori.

Les impressionnistes ont peint les bords de Seine mais se sont aussi intéressés, notamment Monet, à la Normandie (Le Havre, Honfleur, etc.).

L’école de Pont-Aven

Ce nom a été donné, comme beaucoup d’autres, a postériori. Il fait référence aux séjours (entre 1886 et 90) que Gauguin et d’autres peintres, d’horizons bien différents, ont passés à Pont-Aven à peindre ensemble sur le motif breton. Parmi-eux : Paul Sérusier, Paul Gauguin et Émile Bernard. Ce sont là des acteurs du post-impressionnisme, du synthétisme ou encore d’un « pré-expressionnisme ». Pour Gauguin, c’est surtout le primitivisme du peuple breton (dans un contexte de révolution industrielle encore centralisée sur Paris) qui l’attire plutôt que le motif marin.

Les Fauves à Collioure

On reconnait facilement les œuvres des peintres du Fauvisme à leurs aplats de couleurs pures juxtaposés ainsi qu’au chromatisme intense. Pendant plusieurs mois de l’année 1905, Matisse et Derain séjournent à Collioure et peignent ensemble le port et les plages de cette petite ville des Pyrénées-Orientales. On sent encore chez Matisse et Derain l’influence du divisionnisme (touches éparses) mais la violence chromatique est déjà bien présente.

Et en bonus

Je ne peux pas aborder ce sujet sans mentionner William Turner et Hokusai qui, s’ils n’ont que peu en commun, ont tout de même, l’un et l’autre, beaucoup influencé les artistes de la fin du XIXe siècle et des Avant-gardes. Pour terminer notre ballade picturale, escales à Londres, Venise et au Japon. L’ équipe d’On Hésite Encore espère que tu as fait bon voyage et te donne rendez-vous le mois prochain pour un nouvel article art et quelque chose me dis que l’on reparlera de ce cher William Turner…

Où retrouver ces œuvres
Voici quelques musées très intéressants sur le sujet :

Le MuMa, au Havre
La Fondation Claude Monet, à Giverny
Le Musée de Pont-Aven, à Pont-Aven
Le Musée d’Art Moderne de Collioure, à Collioure
Le Musée d’Orsay, à Paris
La Tate Britain, à Londres

Sources
Philippe Dagen & Françoise Hamon (co dir.), Époque Contemporaine. XIXe – XXIe siècles, Collection Histoire de L’art, Flammarion, Paris, (1995) 2011.
Fédérico Poletti [trad. Dominique Férault], L’art au XXe siècle, I. Les Avant-Gardes, Hazan, Paris, 2006.

Allons à la plage !
En couverture : La Grande Vague de Kanagawa, Hokusai, 1831, 25,7×37,9 cm, Metropolitan Museum of Art, NYC.

Céci

Céci

« Collectionneuse de diplômes en tout genre et licorne loveuse »

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